Le guide du routard de l’intelligence économique est en téléchargement gratuit, maintenant

Avant, en France les chefs de grandes entreprises et hauts fonctionnaires se prêtaient une édition originale du rapport Martre (1994), tandis que les petits patrons autodidactes et politiciens professionnels téléchargeaient le rapport Carayon (2003). Mais ça, c’était bien avant.

Non pas que l’ancien testament de l’intelligence économique à la française ait suffi à doper les parts de marché export ou la compétitivité, contrôler ou maîtriser la pénétration des capitaux étrangers plus ou moins hostiles, empêcher la mort de Lagardère (Jean-Luc, pas encore la boite, il faut 3 générations en général) ou le réchauffement climatique dans les bocaux de grenouilles, favoriser la croissance ou la profitabilité des PME, l’influence du pays à Bruxelles et dans le monde, la capacité d’innovation économiquement viable ou même à améliorer la compréhension du monde économique réel chez les décidieurs politico-administratifs,  pris plus de rides autour des yeux que le "Monocle" ou vieilli prématurément que les dialogues d’Audiard dans "Les Barbouzes" et autres flingueurs. Oeuvre collective de feu le Commissariat Général au Plan ("machin" issu de l’esprit du Conseil de la Résistance et pieusement conservé par les fidèles survivants et héritiers du Gaullisme réel comme un morceau de la vraie Croix de Lorraine, jusqu’à sa transformation en 3 ou 4 autres "bidules" permettant de créer plus de présidences, vice-présidences et hautes délégations régionales alimentées  en ingénieurs des Mines en Chef et autres brillants sujets en tant que de besoin et mobilisables à toute heure du jour et de la nuit au service de la République menacée avant par la guerre froide des superpuissances envieuses de notre Concorde commun avec les anglais et des secrets de notre Françafrique qui marchait alors comme une valise à roulettes, et maintenant par la guerre économique mondiale et les voleurs chinois de métiers à tisser et autres Allemands continuant la guerre par d’autres moyens puisqu’il leur a été peu recommandé de ré-essayer de venir en Panzer voir si les bords de la Marne et les bordels de Paris étaient toujours aussi romantiques, quand il faut faire un crobar pour expliquer à une commission interministérielle ou un groupe de travail de conseil économique social et environnemental régional ou intercommunal, le cours de change à terme du franc CFA ou le TRI prévisionnel du projet Concorde sous réserve d’achat de plusieurs centaines d’exemplaires par les Américains et de krach de la copie soviétique), le rapport "Intelligence économique et stratégie des entreprises" disait tout ce qu’un chef d’entreprise normal ou un commissaire politique à l’érection d’une capacité productive durable aurait toujours dû vouloir savoir sur l’espionnage transposé à la vie civile sans jamais oser le demander à l’administration (ni savoir comment interroger les espions officiels et autres hauts experts labellisés, à cause de la pénurie de guichets uniques en régions) : en gros, que l’espionnage, le contre-espionnage et l’influence appliqués aux affaires des pingouins, c’est pareil que les "vrais", mais en principe sans permis de tuer ni autorisation de dépasser les limites de vitesse en ville, moins encore d’utiliser ses charmes éventuels ou ceux de professionnels d’un sexe ou des autres pour arriver à ses fins (assez fin ?) ou de perdre son temps en avion si on peut payer des Français plutôt que de prendre des risques à l’étranger, on n’est pas chez James Bond, quand même, et on a transposé la convention OCDE en droit national en se tirant toutes les balles du chargeur dans les deux pieds dans un moment d’overdose d’intelligence économique, de toute façon. Rien de nouveau sous le soleil depuis qu’on perd toutes les guerres et qu’il n’y a aucune raison que ce soit différent avec la guerre économique le Chevalier d’Eon, Dzerjinski et Mata Hari, sauf qu’il s’agit surtout de business et de serious gaming, même si, comme on n’a ni les mots, ni vraiment les choses, en français, on a appelé, et fait, ça autrement. A la française, avec un groupe de travail pour commencer (romancer ?), un rapport dont la version expurgée est publiée à la documentation française et dont la "vraie" version est pieusement microfilmée, classée "Secret" et archivée dans une boite à cigares (celles signées par Fidel Castro, qui en offrait et les autographiait à tous ses visiteurs étrangers y compris les diplomates français qui les rapportaient au "Département" qui lui-même les transmettait à qui de droit pour expertise, furent très prisées à cet effet, un temps), elle-même cachée dans un coffre extrêmement fort, la version papier simplement classée sous la pile "Très Secret" d’un fonctionnaire aussi assermenté que débordé, et puis tout le toutime habituel ensuite, avec nomination d’un haut personnage à la fonction du Haut Quelque Chose chargé de présider à la création d’un Conseil Supérieur de la Chose, lui-même devant favoriser l’émergence d’un cours ad-hoc à ScPo, d’une direction spécialisée dans un ministère, d’une direction concurrente chez les militaires et d’une direction rivale chez les scientifiques et/ou à l’industrie en fonction des budgets et des poids politiques des ministres, enfin d’un corps de fonctionnaires avec parution au JO du rang de sortie de l’ENA exigé et des perspectives de carrière proposées. Bref, le rapport Martre de 1994 est à l’histoire de l’Intelligence Economique (IE pour les intimes) nationale du temps des hussards de l’économie mixte ce que le Curnonsky de 1958 est à la littérature gastronomique française d’avant Pompidou, le fondamental IN-CON-TOUR-NA-BLEU !

Non pas qu’ait perdu de se pertinence la bible moderne imprimée en français pour les décideurs susceptibles d’aider Bernard Carayon à devenir ministre de quelque chose, par exemple de l’intelligence économique française pour les entrepreneurs français, Président de quelque chose d’économiquement patriote par exemple un "machin" genre agence, pôle ou observatoure pour la diffusion de la bonne parole sur l’intelligence économique, ou encore expert patenté officiel de l’intelligence économique représentant personnel d’un très haut personnage, au minium ministre d’état, pour tous les plateaux TV, missions sur le terrain de la guerre économique de députés, sénateurs et autres personnalités considérables des collectivités territoriales, apparatchiks et autres observateurs indispensables ne payant pas leurs billets mais voyageant très à l’avant de l’avion, rarement vers des destinations au climat trop pénible. Que le rapport Carayon disponible en téléchargement gratuit à la documentation française ait vraiment perdu de sa fraicheur ou de sa capacité à susciter l’émergence d’un écosystème d’IE avec délégué interministériel, grandes conférences et mini-grenelles à Paris et en Navarre, métastases en régions, dans les villes avec hôtels bien fréquentables et jusque dans les outremers, sites internet et réseaux sociaux pour les anciens de l’IHEDN et autres centres de formation permanente aussi jalousés par le monde entier que le reste de notre système d’éducation, nos chambres industrieuses, tribunaux de commerce et autres soutiens publics, privés et économiquement mixtes au service de la croissance de l’emploi utile et durable (et social et environnemental, bien sûr), écoles, formations, séminaires, guichets uniques sur le terrain, ou pas peu importe, subventions, au service des PME, des ETI, du Mittelstand social et environnemental ou libéralo-social, whatever works du moment qu’en principe ça aide à faire prospérer des entreprises françaises et à sauver des emplois, surtout ceux des fonctionnaires et politiciens en France, et un élan irrépressible de patriotisme économique intelligent : "Intelligence économique, compétitivité et cohésion sociale" est toujours à l’intelligence économique du début du XXIè siècle ce que les dessins animés des shadoks sont à la recherche scientifique nationale des Trente Glorieuses du temps où elles n’était ni loin derrière, ni très loin devant peut-être. IN-DE-MO-DA-BLEU ! (et IM-PA-YA-BLEU !)

Mais maintenant, même les gens normaux peuvent lire le "need-to-know" sur l’intelligence économique (édition octobre 2012) grâce à quelques G.O. de l’économie Club-Med généreux sponsors qui ont permis de faire finalement émerger un "guide du routard" dont l’idée n’aura flotté dans le microcosme qu’une grosse dizaine d’années (après celui du créateur d’entreprise distribué par ses propres sponsors lors des salons ad-hoc et en attendant celui de l’exportateur compétitif qui ne manquera pas d’être publié avant 2017) présenté officiellement début octobre à un congrès de l’ordre des experts comptables, et mis en ligne à disposition gratuite de tous les internautes de France, Francophonie et Navarre sachant utiliser un traducteur automatique et pouvant cliquer sur l’icône ci-dessous pour télécharger et lire un fichier pdf de 144 pages et/ou surfer sur la version iPad grâce à l’un des partenaire privés du guide.

Le e-bouqin a le mérite d’exister et n’est pas mal fait, mais les lecteurs caustiques et assez minutieux, pratique de l’intelligence économique oblige, pour lire jusqu’au bas de la 144ème et dernière page, souligneront que si l’intelligence économique n’interdit pas de faire profiter pendant 6 mois l’ensemble de nos concurrents de Francophonie et autres PME des Mittelstand de Germanie et d’autres Asies d’un excellent guide gratuit dans une version électronique "teaser" (en espérant que la "vraie" version définitive ne restera pas dans un coffre et pourra être distribuée dans les guichets unique de la BPI et lors des salons de printemps 2013 destinés aux patrons et créateurs de PME en France, au premier rang parisien desquels "Planète PME" mais aussi en province), un minimum syndical de patriotisme économique, sinon d’intelligence de situation, pourrait inciter l’éditeur à ne pas faire imprimer l’ouvrage en … Italie contrairement à ce qui semble programmé, même si les ouvriers français du livre sont connus des experts de l’intelligence économique pour ne pas toujours soutenir la compétitivité de l’édition en France, et si l’imprimerie "LEGO" est possiblement une délocalisation intelligente d’un imprimeur français compétitif. Les vrais passionnés chercheront dans le texte qui commence son vibrant plaidoyer sur l’innovation et le mouvement par le verbe … conserver.

Sinon, bien sûr, l’intelligence économique ne sert que si on l’utilise dans l’économie réelle compliquée (mais what else ?) et on peut aussi lire "Compétitivité 2012". Mais les phrases y sont parfois un peu longue et si le #eBook est gratuit et téléchargeable comme les autres rapport, guides, mémoires, recueils de success-stories, vade-mecum et toussa-touça, il est un peu plus à l’image du monde réel tel qu’il est, like it or not, avec des anglicismes, des digressions, des libertés avec la grammaire (pas celle des affaires, pour autant qu’il en existe encore une à part "tirer le premier sur les concurrents, ne pas laisser leur chance aux clients, et essayer de courir plus vite que les régulateurs, sinon appeler les avocats, amis et lobbyistes après l’incident, mieux vaut tard que jamais") et pas vraiment de plan stratégique en deux ou trois parties, parce que c’est beau d’essayer de contrôler le monde à coups de notes ministres en 1 page, de plaidoiries écrites en classe business ou en Porsche et de rapports copiés-collés en retard pour laisser le temps au Monde de préparer son article, aux conseillers techniques de faire leur deuil de feu Olivier Ferrand qui avait à peu près tout écrit avec Louis Schweitzer en début d’été sous timbre Terra-Nova (le principal think-tank écurie du PS) et aux politiciens d’annoncer le lancement tout bientôt d’un nouveau Über-machin financier central à visages régionaux (comment s’appelait, déjà, la créature à plein de têtes méchantes qu’Hercule a dû couper toutes d’un coup ?) comme les Allemands en avaient avant l’invention de l’ordinateur, de la guerre économique multipolaire et non conventionnelle, et de la crise que seuls les rédacteurs d’éléments de langage pour le Président français voient en train de disparaître au coin de la rue à la veille d’un sommet européen, avec la Françafrique (et quelques autres trucs qu’il aurait mieux valu vouloir/savoir réformer plutôt que ressortir la guillotine et la machine à réinventer des Dexia), entre autres scories des Trente Glorieuse du temps où elles étaient déjà en train de passer derrière la France (ou alors c’est la France qui faisait déjà demi-tour ?) mais qu’avec un bon rétroviseur (et pas mal de cannabis, mais c’est encore un autres sujet, ou pas) on peut encore voir où l’on veut, si l’on veut, comme l’on veut, comme saint Hoover voyait la croissance, la confiance, la prospérité devant ses lunettes mais toujours juste au coin du mur … Et pire, parfois de l’humour.

Renaud Favier – 17 octobre 2012

          

À propos de renaudfavier

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