Choc de #Compétitivité 2012 : au-delà des mots et des maux, vaste programme …

Sans le dynamique Jean-Claude Volot « commissaire général à l’internationalisation des PME et ETI », le début de 2012 manquerait un peu de tonus côté commerce extérieur, en dépit de la légère glissade de l’Euro vers $1,27 et d’un consensus … verbal pour la compétitivité.

La révision à « environ – 70 milliards sur l’année 2011 » annoncée le 17 janvier par le secrétaire d’état au commerce extérieur, vs la perspective d’un déficit de 75 milliard évoquée par les pouvoirs publics depuis septembre, est presque présentée comme une demi bonne nouvelle dans un contexte globablement avare en satisfactions à la veille du sommet contre la crise, mais l’aggravation du déficit d’une année sur l’autre atteint près de 40% par rapport au déficit déjà tristement record de plus de 50 milliards en 2010 et la relative baisse de l’Euro n’augure rien de très bon à terme prévisible et environnement économique général inchangé (lire sauf aggravation extrême de la crise mondiale) pour un pays devenu structurellement -très- importateur net, dans la mesure où la facture énergétique et les achats de matières premières sont libellés en dollars, où la désindustrialisation et les délocalisations continues depuis le siècle dernier imposent l’achat à l’étranger, et où quand bien même des PME et autres ETI parviendraient à produire et/ou créer de la valeur ajoutée en France et exporter profitablement des biens et services à l’étranger malgré une concurrence plus rude que jamais et des marchés tous peu ou prou anesthésiés par la crise et/ou fermés par un protectionnisme suicidaire mais grandissant, ces exportateurs méritants devraient faire appel à un coûteux écosystème généralement facturé en dollars de prestataires de services logistiques qui n’existent plus ou sont insuffisamment compétitifs en France, au premier rang desquels les ports du Nord de l’Europe, des transporteurs internationaux et les intermédiaires et partenaires locaux souvent incontournables tant pour la négociation que pour la bonne réalisation des transactions.

Les 5 minutes au JT du soir de France 2 le 2 janvier avaient pourtant offert une lueur d’espoir pour la nouvelle année. Dans l’absolu, sans être dupe du degré de priorité d’un sujet sorti du fond du fond d’un tiroir bien vide après une quinzaine de jours de congés des journalistes et deux réveillons des cameramen, c’était plutôt une bonne demi-surprise de voir quelques images sur les PME à l’export. Le titre « PME : les cancres de l’exportation » était bien sûr un peu contrariant pour les exportateurs susceptibles mais le film était plutôt regardable, pétri de bonnes intentions et de banalités mais pas trop fourré de contre-vérités de saison ni des généralités sur la compétitivité dont les scribes de discours politiciens de tous bords gavent les (é)lecteurs depuis que les amicaux et solidairement européens mais néanmoins concurrents et compétitivement allemands organisateurs du salon agro-alimentaire mondial rival du nôtre ont souhaité boycotter en 2011 notre foie gras produit en France de volatiles atterris de personne ne veut trop savoir où et gavés on ne veut pas trop savoir comment ni avec quoi d’importé mais néanmoins favorables à un peu d’emploi dans des régions manquant de pôles de compétitivité high-tech. En bref, s’il ne s’est pas éclipsé pour arrêter le gaz (importé) sous ses pâtes ou mettre la pizza au micro-onde (importé) pendant le reportage, le citoyen téléspectateur de France 2 ne peut plus feindre d’ignorer qu’il y a un déficit commercial « grave et sérieux » comme la crise (entretenu notamment par l’achat de sa TV HD à grand écran plat et d’autres biens électroniques pas tous très indispensables ni très durables mais presque tous produits très loin, et que ça n’est pas très bon pour l’emploi, mais ceci n’est pas évoqué dans le reportage), que c’est plutôt mieux de parler une ou deux langues étrangères pour vendre à des étrangers mais que c’est difficile de toute façon entre les concurrents locaux, lower-cost ou juste plus compétitifs et qu’il est recommandé aux patrons de PME qui ont un agenda et un plan de charge pas trop surbookés en 2012 d’aller chasser un peu en meute à l’étranger sans en profiter pour trop délocaliser. On peut voir le reportage en replay de France 2, sinon en cliquant sur : http://www.youtube.com/watch?v=3J88Un57sCQ&list=UUyNCS1ZxyolXA_q9Xr8Vz3g&index=1&feature=plcp pour une version amateur avec un son médiocre au début mais écoutable à partir de la 20ème seconde.

Quant aux nombreux topos sur la compétitivité dans les journaux économiques, tous n’ont pas la fulgurance aussi brillante qu’inquiétante du billet « Air France, aux racines du mal français … nous sommes tous des salariés d’Air France » d’Axel de Tarlé sur Air France dans le JDD du 15 janvier (cliquer sur : http://www.lejdd.fr/Chroniques/Axel-de-Tarle/La-chronique-d-Axel-de-Tarle-455784/) ou la pédagogie un peu laborieuse mais remarquablement claire de Philippe Jurgensen mise en ligne sur Canal Académie le même 15 janvier (cliquer sur : http://www.canalacademie.com/ida8333-La-competitivite-clef-de-l-avenir.html), et tous ne sont pas aussi tristement prémonitoires  que mon propre article sur les perpectives du commerce extérieur paru dans la Correspondance Economique dés février 2009 (cliquer sur : http://www.youscribe.com/catalogue/presse-et-revues/actualite-et-debat-de-societe/commerce-exterieur-enjeux-et-perspectives-la-correspondance-511376 ) alors qu’il apparaissait déjà trop clairement que des rivalités entre institutions trop petites et/ou pas assez structurées pour exister au niveau européen ou mondial mais assez grandes et énergiques pour se stériliser entre français d’une part, des trous d’air dans l’union sacrée entre acteurs publics et parapublics insuffisamment coordonnés, des conflits d’intérêt entre acteurs de sensibilités politiques ou tutelles administratives rivales d’autre part, compliqueraient l’émergence d’une équipe de France de l’export pourtant souhaitée par tous, à commencer par les entrepreneurs, sur le papier et efficacement portée sur les fonts baptismaux par de puissants parrains et marraines dédiés à la cause du jeu collectif pour aider les entrepreneurs à aller « chercher avec les dents la croissance où elle est » comme l’avait souhaité le Président de la République lors de sa visite d’état en Chine dés … 2007. Les marges de manoeuvre publiques étaient alors moins contraintes, la conjoncture moins défavorable et le moral des entrepreneurs plus conquérant dans une guerre économique déjà compliquée pour les PME, ETI et autres startups françaises mais pas autant « mission impossible » qu’en ce début 2012 où l’esprit pionnier des « autoroutes de l’export à l’allemande », évoqué dans Classe Export début 2009 (cliquer sur Relance 2.0 : http://www.youscribe.com/catalogue/presse-et-revues/actualite-et-debat-de-societe/politique/relance-2-0-construire-les-autoroutes-de-l-exportation-classe-510780), est un peu battu en brèche.

   

Choc de compétitivité, vaste programme, mais cela ne doit pas empêcher d’explorer toutes les pistes sérieuses et crédibles en 2012 pour la croissance et l’emploi par l’international … en évitant autant que possible les voies sans issue déjà proposées, contre-proposées, évaluées et contre-évaluées en régions, en France et/ou en Europe par de (trop) nombreux cabinets de consultants et la copie (trop) tardive de certains dispositifs étrangers ou territoriaux assez visibles et/ou médiatisés genre le SBA (« Small is Beautiful Act » selon certains esprits pas trop formatés qui constatent sur le terrain que de la culture des jeunes pousses à l’entretien du bonsaï, il n’y a qu’un pas) qui ont fait leurs preuves dans le monde d’hier mais ne sont parfois que des survivances d’un passé aussi révolu ailleurs qu’en France, pas les outils modernes et techniques d’avenir de la politique de compétitivité de demain des pays concurrents, y compris ceux qui émergent à très grande vitesse et/ou le produit de réalités, de réseaux, de cultures et parfois de géographies guère transposables en France d’un clic administratif, à l’instar des grappes séculaires du Nord de l’Italie, des intégrations entreprises-universités des Etats-Unis et d’ailleurs en Asie et autres partenariats gagnant-gagnant (qui relèvent d’ailleurs parfois plus du fantasme français que des réalités allemandes, la vraie vie des entreprises étant un peu la même quand même de part et d’autre du Rhin) entre grands groupes pragmatiques regardant loin et pensant à long terme et grosses PME familiales durables, profitables et bien capitalisées du capitalisme Rhénan (cliquer sur : http://www.youscribe.com/catalogue/presentations/ressources-professionnelles/competitivite-croissance-internationale-quelques-mythes-et-510283 ).

  

« Think out of the box » disait Christine Lagarde lorsqu’elle avait pour priorité la compétitivité des entrepreneurs français, y compris sur leur marché national qui n’est rien d’autre qu’un terrain de chasse, en meute ou pas, naturel pour tous leurs concurrents européens bénéficiant également de la relative baisse de l’Euro et mondiaux bénéficiant d’avantages comparatifs divers et variés, de soutiens publics rarement moins efficaces que les nôtres, et de marchés intérieurs souvent plus dynamiques et profitables, parfois un peu plus protégés en dépit de discours libre-échangistes.

  

Out of the box, cela signifie notamment plus européen, voire plus global, et plus 2.0 aussi, en 2012+. Act local, certes, mais think European, or global if possible, and different if and when appropriate, notamment au sommet contre la crise, le 18 janvier à l’Elysée.

  

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A propos renaudfavier

Ils semblent grands car nous sommes à genoux (LaBoétie) Je hais la réalité, mais c'est le seul endroit où se faire servir un bon steak (Woody) De quoi qu'il s'agisse, je suis contre (Groucho) Faire face (Guynemer)
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Un commentaire pour Choc de #Compétitivité 2012 : au-delà des mots et des maux, vaste programme …

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