Frenchonomics : France, ta bagnole (a) fout(u) le camp, et à ce point là, ça devient gênant dirait Audiard…

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Quand leur industrie automobile expire, les Français comprennent, mais un peu tard, que la sidérurgie, et l’industrie entière, déchantent. N’a-t’on donc fait réciter Lafontaine à des générations de hauts fonctionnaires et acheteurs de diesel made in ailleurs que pour cette infamie ?

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Les experts français lisent et écrivent pourtant des rapports en français, les remettent aux plus hautes autorités compétentes de France, des régions et de toutes les meilleures couches du mascapone administratif, et en discutent entre hauts fonctionnaires français dans les dîners en villes et avec des experts en tout sur les plateaux TV français : cela n’a pas un très gros impact contre la désindustrialisation en France, pour l’emploi automobile en France ou sur le moral des entrepreneurs, salariés, chômistes, docteurs Sartorius assermentés et autres professionnels du conseil en dialogue social, mais cela ne peut pas faire plus de mal qu’un séminaire intergouvernemental sur l’écologie automobile ou une grande conférence de presse sur la sidérurgie environnementale.

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Les politiciens professionnels français visitent volontiers des usines et autres salons automobiles en France, s’y font photographier, prononcent entre Français de fortes paroles rituelles et viriles en français, et en parlent dans les médias, avec leurs éléments de langage achetés aux communicants de Paris : cela n’a pas un très gros impact contre la désindustrialisation en région parisienne, ni pour l’emploi automobile en province (Heuliez, c’est encore un autre sujet, de même nature mais moindre échelle que les désastres sidérurgiques et bérézinas industrielles mulitples), moins encore sur le moral des troupes mobilisées un peu partout sur le front du dialogue social juste entre Français et de l’emploi industriel en France.

Montebourg (Crédits : Pakman)

Même l’industrie du transport plus ou moins civil qui vole encore à peu près sur l’élan des visionnaires et ingénieurs de la Caravelle, du Griffon, des Mirages, du Concorde et d’Airbus, ça ne roule plus sur des roulettes franco-françaises comme avant (et les pneus, souvent Michelin, cocorico, ne sont plus toujours vendus, mais souvent loués au nombre de décollages et atterrissages, en principe égaux mais c’est comme pour les bulletins de vote, on ne recompte jamais trop, o’ tempora …) : c’est la faute à l’Euro(pe) fort(e), aux actionnaires qui optimisent socio-fiscalement, aux patrons, fonctionnaires ou pas, qui délocalisent pour un peu moins de charges, un peu plus de flexibilité et parfois un peu de proximité avec les clients ou de distance avec leurs tutelles, aux acheteurs ponctionnaires qui compliquent tout avec leurs histoires de « juste retour », offsets et pire compensations si affinités, depuis que la convention OCDE ne permet plus de financer les retraites de tout le monde, les billets en First pour les commerciaux, et les bonnes oeuvres comme avant et toussa-touça.

humour_Airbus_a380 (Crédits : Herrmann)

A croire que certains rapports achetés par Bercy ou Matignon seraient des contrefaçons.

Livre Pere Noel Ayrault

Mais maintenant, il n’est plus temps de se chamailler entre Gaulois sur le réglage des radars pédagogiques sur les routes ex-nationales, la date d’entrée en vigueur vraie de l’obligation du port d’alcootest, ou la taille du sexe des anges fabriqués en France au travers des âges ; le contenu relatif en emploi en France des Toyota assemblées à Valenciennes vs les Renault montées au Maroc pour vendre théoriquement en Afrique et pratiquement entre Lille, Toulouse, Lyon et Marseille (nb le coût de main d’oeuvre dans une usine moderne est, comme tout Sartorius de base, employé d’Heuliez, d’Amora, de Béatex ou de Lejaby, ou client un brin exigeant le sait, assez secondaire, voire négligeable, dans le prix final du produit, voiture plus ou moins hybride, à pile à hydrogène ou 100% électrique, verre à moutarde avec ou sans options, béret populaire ou soutien-gorge de luxe) ; ou la responsabilité de la clef du coffre des guiches uniques décentralisés mais pas perdus pour tout le monde de la BPI : le vrai débat public sérieux porte sur l’équilibre des pouvoirs au sein des institutions financières régionales chargées de porter la nouvelle stratégie officielle d’administration de l’économie réelle, au premier rang desquelles les nouveaux guichet uniques et les vieux bureaux des fonds stratégiques, nationaux, régionaux ou whatever works plus ou moins, de la Banque de France qui cherche des missions justifiant les centres de loisir de son comité d’entreprise depuis qu’on a inventé l’Euro(pe) et le lobbying à la française, et de tous les « machins » au service plus ou moins bénévole (lire : « financés par des emprunts ou des impôts administrés par des tiers fonctionnaires, pas sur facture directe ») des entrepreneurs, investisseurs et autres visiteurs des agences dites « de développement » comme on parlait d’aide au développement, avant la mode de l’économie sociale et solidaire, mais près de chez soi. Dont acte, il y a en Allemagne des Länders et des caisses d’épargne régionales pas exangues qui n’ont pas empêché les entrepreneurs allemands de se développer et de réussir assez bien à l’international, d’où la variante socialiste régionale de l’intérêt pour ce qu’on appelle couramment « modèle allemand » (d’il y a 20 ans, ce qui peut induire en erreur pour le XXIè siècle français), et il y a des tentations indépendantistes en Espagne (pas seulement dans les provinces les plus ruinées maintenant que les crédits européens ne coulent plus à flot) qui fascinent barons et roturiers girondins préférant la fuite en arrière en chantant les chansons de gestes des Trente Glorieuses, voire de l’An Mil, au retour vers le futur en marche avant.

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Pour comprendre la situation et se faire sa propre idée, si on n’aime pas lire les trop longs rapports (mais avec phrases et idées courtes, nombre de parties réglementaire et ponctuation rituelle, en général), profiter de quelques heures de train, voiture, veille ou surveillance/arrosage de la dinde en train de cuire pour écouter en replay quelques émissions TV/radio de référence pendant la trêve des confiseurs ne peut pas nuire, ne serait-ce que pour avoir quelque chose à raconter aux repas de famille, aux entretiens quand le remaniement ministériel interviendra (nb l’hypothèse d’une arrivée de DSK à Matignon n’est bien entendu pas celle qui fait le plus rêver les féministes ou la gauche de la gauche, mais on le voit mal accepter Bercy, même « Über-Bercy avec les pôles de compétitivité et toussa-touç façon MITI de la grande époque dans un vrai ministère de l’économie avec des ministres délégués pas nommés sur un malentendus, et ce serait ballot de mettre Moscovici et Cahuzac ailleurs alors qu’ils font le job, avec l’idéologie pour laquelle les Français ont voté mais sans prendre des RTT dés le vendredi pour cuisiner du chili con carne au chichou ou bouffer du curé, ni crier n’importe quoi en province en semaine ou le week-end pour faire peur aux investisseurs internationaux et touristes étrangers … alors who else si on parle sérieusement de compétitivité et s’il faut convaincre Gallois de faire le service après-vente de son rapport ?).

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Carlos Ghosn, PDG Renault-Nissan (Bourdin Direct, BFM TV, 27 septembre 2012 http://www.youtube.com/watch?v=cvyUU_DGIFo).

Benoit Hamon ; Bruno le Maire ; Pierre Gattaz ; Nathalie Arthaud ; Laurent Berger ; Agnes Verdier-Molinié sur France 2, émission Mots Croisés « Touche pas à mon industrie » du 3 décembre 2012 : http://www.france2.fr/emissions/mots-croises/diffusions/03-12-2012_14929

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Louis Gallois (ex. directeur de cabinet de Chevènement, ex. haut fonctionnaire détaché à dans l’économie mixte -où il n’a rien cassé, a plutôt favorablement impressionné ses homologues grands patrons d’entreprises compétitives, et a exercé les plus hautes fonctions sans abuser d’aucuns privilèges, à la différence de pas mal de ses collègues-, Commissaire Général à l’Investissement depuis juin 2012, ministrable ou au moins nommable sur un vrai poste utile quand il aura fini de faire la promo du concept de compétitivité sociale de marché juste par monts et chez les veaux) sur Public Sénat, « Bibliothèque Medicis » du 30 novembre 2012 (60 minutes, vidéo) sur la BPI, l’industrie française, l’avenir : http://www.publicsenat.fr/vod/bibliotheque-medicis/avec-louis-gallois,-nicolas-baverez,-jean-paul-chifflet-et-erik-orsenna/nicolas-baverez,louis-gallo/124700

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Karine Berger (ex. salariée de l’assureur Euler-Hermès, Députée des Hautes Alpes depuis juin 2012 et actuellement commissaire politique secrétaire nationale à l’économie, réputée ministrable sur double quota des Mosco-DSKistes fidèles (mais discrets, en attendant la réhabilitation officielle de DSK) et de la génération tchatche (dixit Bartolone sur les djeuns  nouveaux députés PS portés par la vague 2012), notamment co-signataire fn 2011 de l’opus de campagne électorale : « Les Trente Glorieuses sont devant nous », chargée d’occuper le terrain et les écrans pour promouvoir la politique économique gouvernementale en général et expliquer aux journalistes la pensée Solferino-Montebourgeoise en particulier, en attendant le remaniement ou le prochain rapport Terra Nova) sur RMC , « Carrément Brunet » du 3 décembre 2012 (45 minutes, radio), sur l’économie, l’industrie, Montebourg, Florange, le(s) (dé)passé(s) et le(s) présent(s) : http://karineberger.files.wordpress.com/2012/12/20121203_carrement_brunet_0.mp3

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Sinon, sur le service de la France, la politique en France, l’industrie française, la réussite de la France, l’esprit mousquetaire, et vice-versa, si on est d’humeur un brin rêveuse en saison de Noël, il y a cette belle histoire d’amour sur France 3, entre Claude Pompidou et ce fils d’un couple d’instituteurs d’une époque où l’on pouvait traverser l’Atlantique en paquebot made in France, diriger de magnifiques entreprises high-tech françaises sans être fonction,aire plus ou moins défroqué, et courir sur l’escalator social sans devoir montrer son diplôme, son pedigree ou ses papiers tout le temps (sauf aux douanes, mais c’était avant l’Europe) … Un patriote vivant aimant piloter une Matra autant que rouler en 911, rouler en DS et faire voler Concorde pour la France plus que jouer avec un iPad et perdre son temps et l’argent des autres en grandes conférences et autres « Doha 2012 ou Rio +/- 20 », écrire une anhologie de la poésie françaises plutôt que lire des éléments de langage pendant des sommets de maîtres du monde ou de néo-francophones dans des palais et ors improbables, c’est quand même autre chose que la génération RAT (Rolex, Audi, Tartuffes) d’âmes mortes hésitant entre se faire conduire en ternes berlines françaises par des chauffeurs fonctionnaires ou se faire servir (ou assassiner, mais ça, c’est surtout en Corse) plus ou moins complètement à l’arrière de bling-bolides surpuissants par des communicants, professionnelles, et autres avocats appointés. Une belle histoire d’industrie en France, du temps où l’on ne regardait pas la gloire dans le rétroviseur : http://programmes.france3.fr/documentaires/index.php?page=doc&programme=docs-interdits&id_article=1899

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Si Lévi-Strauss était encore parmi nous en ces temps où l’on roule et parle globish, où l’on écrit des blogs sur Pompidou ( http://renaudfavier.com/2011/04/02/pompidou-une-certaine-idee-de-lavenir-jusquau-2-avril-1974/ ), où Raoni visite l’Elysée en doudoune et où les étuis péniens blasonnés d’Amazonie ont depuis longtemps été remplacés par de moins signifiantes mais plus contemporains et imperméables protecteurs (en caoutchouc, l’Histoire à de l’humour, même si l’opéra de Manaus construit par les barons du caoutchouc destiné aux pneus des automobiles made in France est maintenant entouré d’horreurs urbaines manquant de la plus élémentaire sensualité et d’embouteillages où l’huile d’un moteur de vraie bagnole monterait bien trop vite en température) contre certaines maladies du siècle, peut-être conclurait-il : « Tristes topics ». Réflexions faites : http://www.youtube.com/watch?v=zpj-rX0X4n0

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* * *

Sinon, si on s’intéresse un peu à l’économie réelle en France, rapport au pouvoir d’achat, au chômisme plus ou moins choisi (quant au bômisme, comment le critiquer, ce n’est qu’une autre manière d’être intermittent du triste spectacle professionnel), aux frais de scolarité des mômes, à la croissance mythique genre Trente Glorieuses dans le rétroviseur et aux budgets des mythomanes aux bureaux en étages élevés mais sondages hostiles avant même que les résultats des courses mal barrées soient connus, au déficit commercial et à toussa-touça, et à la compétitivité pas trop pathétiquement instrumentalisée, sans être radicalement fanatique des éléments de langage matignonesques et des notes en 1 page et 2 parties avec conclusion écrite d’avance par des fonctionnaires souvent très gris, sinon dégarnis, au-dessus du neurone mais cependant aux cheveux plus longs que les idées, ni adorateur du prêt-à-penser en phases de moins d’une ligne sans trop de ponctuation pour éléments de langage, la V4 du 4 novembre 2012  du #eBook « Compétitivité 2012″ (pdf, 216 pages) est en téléchargement gratuit sur Youscribe (plateforme made in France créée par une jeune équipe de startup sympa) : http://www.youscribe.com/catalogue/livres/ressources-professionnelles/competitivite-2012-v4-du-4-novembre-2012-1822197 

Compétitivité

Et puis, si on est vraiment fanatique du commerce extérieur français qui ne s’est pas tellement amélioré depuis que la nouvelle Ministre achète des sacs à main made by France à l’étranger pour doper les chiffres de l’export en mouillant elle-même le chemisier, ou passionné par la compétitivité des entreprises françaises avant les éléments de langage des conseillers en communication de Montebourg ; le rapport Gallois ; l’avis du Haut Machin au Financement de la Protection Social(ist)e ; le Pacte Hollande au XXIè siècle, et/ou si on a un peu besoin de se documenter sur le sujet en mode un peu “think different” en dehors du prêt-à-penser, pour son boulot ou ses études ou la conversation au déjeuner dominical ou au dîner en ville du samedi soir, on peut aussi e-lire gratuitement sur la compétitivité et toussa-touça en France, en cliquant sur les images ci-dessous.

         
        

Sinon, il y a plein d’autre bonnes choses à lire avant la fin du monde, ou le repas, ou le premier évènement impédimentiel qui empêchera de se consacrer pleinement à des activités raisonnables, en cliquant sur Mix ou Remix ci-dessous, aux risques et périls du lecteur (la rédaction décline toute responsabilité en cas de consommation abusive et autres comportements addictifs déviants).

* * *

PS :  qu’on soit, ou pas, conducteur d’automobile made in France, on peut lire de bons vieux eBooks français plutôt que regarder les publicités pour bagnoles étrangères à la TV.

Sur Amazon (made in America, rien à voir avec Tristes Tropiques, quoique …) :

        

Sur Youscribe (made in France) :

               
               
         
           
          

Le bonus made in France de décembre 2012 (cliquer sur l’image pour en savoir plus).

May be made in France, or not ...

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A propos renaudfavier

Ils semblent grands car nous sommes à genoux (LaBoétie) Je hais la réalité, mais c'est le seul endroit où se faire servir un bon steak (Woody) De quoi qu'il s'agisse, je suis contre (Groucho) Faire face (Guynemer)
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Un commentaire pour Frenchonomics : France, ta bagnole (a) fout(u) le camp, et à ce point là, ça devient gênant dirait Audiard…

  1. « 1 milliard de plus à l’export c’est 10.000 emplois en France » avait déclaré Nicole Bricq, ministre du commerce extérieur.

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