#Compétitivité #Paris #IDF : numérique, forcément numérique … Mais pourquoi créent-ils leurs startups à l’étranger ?

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Le Journal du Net tire la sonnette d’alarme, et sur l’ambulance de la stratégie numérique pour Paris et la France, avec son (im)pertinent dossier : « Pourquoi ils ont créé leur start-up à l’étranger » publié juste après la semaine de l’attractivité numérique, pour la Saint Valentin.

Semaine paris_numerique février 2013

Pourtant, la « semaine dédiée à l’attractivité internationale de la France dans le numérique » s’est achevée le 10 février, à Paris. Il y a eu un lancement d’une « mission de préfiguration de Paris Capitale Numérique » (à conduire par la Caisse des Dépôts CDC) par la ministre du numérique. Peu auparavant avait démarré le « startup constest 2013 », entre autres évènements sympathiques et conviviaux à Paris. Et un nouveau président, jeune patron motivé, connecté, passant bien à la TV et compétent d’une « agence digitale pionnière » -qu’il a co-créé- active dans l’écosystème numérique, et pas encore amorti par les mandats électoraux ou fromages à la tête du clients, ce qui est une divine surprise, a été nommé pour le Conseil National du Numérique, au demeurant « élargi et paritaire » comme cela s’imposait, un des « machins » les plus prometteurs pour produire des avis pas plus lu que les autres rapports d’experts, de cours des comptes (ne pas oublier qu’il y en a deux bonnes douzaines en régions, en plus de celle de la rue Cambon -juste en face d’une échope de marchand de macarons- dont les pavés dans la mare sont religieusement commentés 12 heures par le pressocosme spécialisé, puis discutés 10 minutes dans les dîners en villes vraiment très polars, avant enterrement sans fleurs, ni couronnes) ou de think-tanks, et des recommandations pas plus écoutées que les arguments de politiciens minoritaires ou les suggestions du « Digital Champion » (un autre ex-djeun ex-créateur de startup devenu patron compétent de PME heureuse, motivé, connecté, twittos … et sous utilisé) . Quelles plus convaincantes preuves d’amour la République en général et Paris en particulier auraient-elles pu offrir aux jeunes créateurs de startup, #geonpi et financeurs d’entreprises à potentiel de croissance rapidement profitable ?

fleur-pellerin

Dont acte, s’il n’y avait pas une guerre au Mali, du cheval dans les lasagnes, des (d)ébats parlementaires à Paris sur les formalités d’avant-divorce, du dialogue sociétal en ville avec slogans dans les rues avec caméras urbaines, du grabuge dans l’industrie et un peu d’actu au Vatican, on en aurait peut-ête entendu parler par des politiciens à la radio de l’attractivité sélective des campus numériques pour l’élite d’élite d’Île de France, et vu des experts courtois et bien maquillés se contredire poliment à la TV sur la compétitivité des TPE à capacité de croissance pour devenir des ETI numériques de classe mondiale, et admiré des élus se féliciter de la force de frappe française dans la guerre économique mondiale en général, et du plan de bataille pour les industries de demain, en particulier (de la ligne Maginot à la française à la ligne de code numérique en français, même combat que quand on devait voir ce qu’on allait voir avec le Google made in France et le livre numérique made in Paris pour tous les francophones ?). Même si les médias avaient été un peu saturés pas la concurrence de la semaine du microcrédit, plus directement connotée « emploi des vrais gens » #InRealLife : http://www.adie.org/semaine-du-microcredit-de-l-adie.

Semaine du microcrédit 2013

En même temps, cela semble plutôt une bonne idée pour la France : tout le monde fait pareil dans le reste de l’Europe pas trop occupée à essayer d’emprunter pas trop cher de quoi importer ce qu’il n’est plus économiquement viable d’assembler ou transformer chez soi quand on a un coût du travail franchement au-dessus de la norme des pays qui marchent au XXIè siècle, des impôts face auxquels seuls les avocats fiscalistes très chers ou l’exil de « cher pays » sont des options financièrement rationnelles à horizon prévisible, et/ou un droit socio-sanito-environnemental un peu plus contraignant (en principe) que dans les endroits où on peut fabriquer des trucs à consommer ou exporter sans trop regarder les dents du cheval pas cher. Et puis, on a un « machin » accroché à un ministère  pour s’en occuper, ce serait du gâchis de ne pas en profiter : http://www.redressement-productif.gouv.fr/conseil-national-du-numerique.

Consnatnumerique

Cela semble une très bonne idée pour l’Île de France : on a comme ça, des projets de clusters spécialisés redondants avec les pôles de compétitivité concurrents dans les secteurs qui semble marcher chez les autres, dans plein de régions d’Europe encore théoriquement viables et compétitives entre elles sinon au niveau international, en contexte de reféodalisation préalable à une éventuelle Europe du futur fédérant les zones qui ont l’électricité et un cadastre informatisé et en gardant sous la main dans un genre de « Commonwealth continental » les régions kolkhozes et les zones musées pour avoir des terres agricoles sans devoir louer jusqu’en Ukraine ou en Argentine des greniers à blé moins stérilisés que nos plaine et vallées qui furent naturellement vertes antan (ou pire, importer des demi-produits via des filières pas claires dont les ayants droits jouent au golf plutôt que de regarder ce qui pousse sous leurs serres de vautours ou se passe dans les usines de leurs sous-traitants), et disposer de résidences secondaires, multi-propriétés avec parking, et hospices médicalisés pas trop chers dans des coins dont on comprend la langue, et sans devoir changer de monnaie, comme quand l’Allemagne sérieuse a intégré la DDR coco. Ce serait quand même le monde à l’envers si l’Aquitaine devançait Paris, avec la prune de son pôle numérique : http://echangeurba.wordpress.com/2012/09/06/un-pack-performance-numerique-pour-les-entreprises/#more-2526.

PRUNE

Cela semble une excellente idée pour Paris : comme on ne peut plus rouler en ville, même sur les voies sur berges, qu’il reste quelques boutiques où on répare les ordinateurs (que FNAC, Virgin et Surcouf soient en voie de disparition n’est pas un problème, tout le monde achète sur Amazon, et Apple et Samsung ont des « Stores » à eux près du RER Opéra) et qu’il y aura même un incubateur Microsoft à partir du 4 mars (c’est gagnant-gagnant, comme on dit : les djeuns créateurs ou employés de startups sont bien logés pas cher et peuvent faire du dialogue social mutuellement profitable entre eux ; Microsoft dispose d’un vivier où piocher technologies et djeuns en tant que de besoin ; et les notables de Paris peuvent faire de jolies photos avant la campagne électorale et boire une coupe avec des zakouskis offerts par Microsoft -lui même installé dans des superbes locaux Quai d’Issy, à deux pas du futur Pentagone à la française du GrossParis numérique, dont on peut légitimement supposer que les écrans blindés et systèmes anti-intrusion décourageront les tentations de piratage plus ou moins institutionnel-). Paris Capitale Digitale, beau programme : http://www.capdigital.com/evenements/barcamp-pcn/.

Paris Capitale Numérique Février 2013

Bref, cela semble une excellente idée d’investissement administratif d’argent emprunté aux prêteurs internationaux et/ou taxé aux citoyens tribuables (si les taux montent un tant soit peu, la collecte de l’impôts deviendra marginale par rapport à celle de l’emprunt, et les meilleurs fonctionnaires préfèreront rester à Bercy à l’agence de la dette plutôt que de pantoufler comme TPG ou autres postes qui étaient parmi les plus confortablement rémunérateurs de la République, avant) pour l’emploi et toussa-touça, même que ça rappelle le Plan Calcul, le Plan Câble, la multiplication des pôles de compétitivité et quelques autres idées lumineuses, dont on préfèrerait que la Cour des Comptes ne dénonce pas toujours après le déluge les désastres annoncés … On verra bien si d’autres régions françaises emboitent ce pas, si des entrepreneurs créent quelque chose avec un esprit genre « Sillicon Valley 2.0 », et si ça attire des investisseurs libres de leurs mouvements, pas financés sur fonds publics, et pas trop connus pour être malchanceux et/ou franchement mauvais.

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En attendant, personne n’a de meilleure idée, si ? (inutile de proposer un cluster spécialisé dans la fabrication d’éthylotests sponsorisés par les bars de nuit du genre où on semble pouvoir claquer 25 000 euros en une soirée si on est footballeur exilé fiscal et qu’on a match international avec Marseillaise -ou pas- le lendemain à Paris, un incubateur de technlogies pour vrai-faux radars, ou un sous-pôle pour le transport urbain fluvial d’automobiles interdites sur les berges comme on fait avec la péniche de réparation des Vélib’, parce que l’industrie automobile en France est encore plus sinistrée que les télécom à la française ou les comptes publics nationaux et régionaux, même chez Montebourg, on s’en est rendu compte, sans même commander un nouveau rapport, organiser un dialogue avec cocktail au CESE ou un séminaire gouvernemental, ni lancer un nouveau groupe de travail pour une campagne sur l’image des industriels du secteur en France). L’institut Montaigne avait mis un rapport en ligne, fin 2012 : http://www.institutmontaigne.org/desideespourdemain/index.php/2012/10/24/1091-lentrepreneuriat-numerique-en-france-quelques-constats-et-perspectives

Numerique Institut Montaigne

Sur un malentendu, ça pourrait marcher (ou pas), surtout si ni les Allemands d’autour de Berlin ou de Munich, ni les Anglais des environs de Londres ou les Irlandais d’un peu partout en Irlande et ailleurs, ni les Suédois, ni les Israéliens, ni les Baltes, ni les (vrais) Hollandais, ni les Suisses, ni quelques autres concurrents européens bien partis, bien avant, ni les ministres de l’industrie d’autres Club-Meds qui se couchent et se lèvent aussi tard que les ÎledeFrançais, mais parlent mieux les langues étrangères et regardent plus les Business-TV extra-européennes que les chaines d’info franco-parisiennes, ne courent plus vite, plus haut, plus fort que les descendants de Coubertin et Colbert, mais aussi des rois fainéants et de révolutionnaires plus souvent sanglants que convaincants … En tout cas, c’est la conclusion à laquelle l’écosystème ad-hoc arrivait en 2011 après les assises du numérique, pas mal de consultations, et une petite foultitude d’autres dialogues sociaux avec petits fours sur fonds publics dont la substantifique moelle de retrouve dans les rapports de « France Numérique » fin 2011 : http://www.economie.gouv.fr/consultation-publique-plan-france-numerique-2020-rapports

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Hélas, le casting du MITI à la parisienne, ça sera compliqué pour un sauvetage de l’économie française à la James Bond avec les gadgets de Q, des bagnoles aptes à toutes les cascades, des ennemis à l’accent étranger réduits en bouillie avec le sourire, et Universal Exports en couverture. S’ils parlaient anglais, ça irait pour tenter un Austin Powers avec Fool Monty dans le rôle titre, MoscoVeniVidiVici en Dr Denfert, Nicole en adjointe du vilain chauve qui se croit aussi divin que Powers et veut être maître du monde comme toute le monde, et la jolie Fleur comme Octopussy 2.0, sur un scénario de retour au temps du Front Populaire ou des manifs étudiantes et coopératives ouvrières avec Dany et José djeuns. Mais comme ils sont aussi strictement francophones que des Qataris et aussi web-entrepreneurs que les twittos officiels du ministère, ça sera OSS 117, au mieux à Paris sans voitures, au pire dans le Larzac sans tracteurs ou à Nantes sans avions, avec un générique de fin sur : http://www.france.fr/.

www.france.fr

Et les shadoks plancalculaient …

Renaud Favier – 15 février 2013 – Page facebook Compétitivité – Groupe LinkedIn

PS : si on n’avait pas cliqué sur le lien en début de billet, et/ou si on envisage de créer une startup et qu’on préfère rester à Paris pour les musées, les bistrots et la scolarité gratuite en français des mômes, et/ou si on veut s’inspirer de quelques idées qui marchent à l’étranger pour éviter de se laisser piquer par les aiguilles les plus inquiétantes des collections nationales et régionales de seringues à doper l’économie en général et le numérique en particulier, il est encore temps de jeter un coup d’oeil au dossier de http://www.journaldunet.com publié mi-février 2013, ne serait-ce que pour discuter utilement avec les bureaucrates de bonne volonté chargés d’investir pour incuber les jeunes pousses, développer les croissances, accélérer les internationalisations et toussa-touça : http://www.journaldunet.com/web-tech/start-up/creation-de-start-up-a-l-etranger/

entering-startupPPS : pour les dirigeants de startups anglophones pas surfeurs (sinon, Silicon Valley est toujours en pleine forme), pas joueurs de golf (sinon, la flat tax est toujours attractive autour des greens d’Irlande), pas double cursus hightech et médical (sinon, c’est plutôt autour de Boston que ça se passe) et pas connectés à des financements israéliens ou à un(e) conjoint(e) scandinave, rappelons que si le tapis rouge promis par David Cameron aux candidats à l’exil vers Londres (et l’écosystème londonien d’autant plus favorable qu’il est financièrement irrigué par la City au bras de Downing Street, dont les besoins sans limites de performance numérique de la finance, le pragmatisme audacieux traditionnel des vieilles lignées d’affaires britanniques et autres businesspeople néo-londoniens de toutes origines y compris française, et les moyens et réseaux économiques considérables sur lesquels le soleil du Commonwealth ne se couche jamais, dopent assez naturellement Tech City) n’est peut-être pas beaucoup plus épais que celui que proposent telle ou telle métropole française ou européenne (le mètre carré en quartier business ou hightech à Berlin ou Munich est assez significativement plus abordables qu’en France (ou dans le quartier des exilés français à Londres) à moins de 50 km d’une université sérieuse, d’un métro sécurisé ou d’une bonne boulangerie), et si le fait que Tech City ait débauché l’ex directrice Europe de facebook comme CEO est somme toute anecdotique, ça vaut quand même le coup de garder un oeil sur ce qui se passe outre-Manche, quitte à juste envoyer un stagiaire faire un  surf dans le net ou tour de veille #InRealLife de temps à autres, entre un Comdex à Vegas et un truc global inzecloud pour créateurs et patrons geeks.

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PPPS : et pour les bureaucrates ayant besoin de se rafraîchir les idées entre une bataille de la guerre économique et une séquence du conflit entre villes numériques rivales, télécharger « In the loop » permet de se rassurer de ne pas avoir choisi une autre administration en sortie d’école tout en restant dans la communication hitech et la préparation de l’avenir, en pratiquant plus l’anglais administratif moderne que si on choisit le numérique en français du temps du Plan Calcul avec « Tartarin de Tarascon » en version restaurée sur DVD René Château.

In The Loop

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A propos renaudfavier

Ils semblent grands car nous sommes à genoux (LaBoétie) Je hais la réalité, mais c'est le seul endroit où se faire servir un bon steak (Woody) De quoi qu'il s'agisse, je suis contre (Groucho) Faire face (Guynemer)
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