ETI, vous aviez dit ETI ?

ET - Crédits : Spielberg

Avant, quand on s’est aperçu que les grands groupes créaient moins d’emplois en France, et n’y payaient plus guère d’impôts, et que les TPE, PME, PMI et autres startups n’étaient pas assez profitables, ni assez capitalisées pour grandir et s’internationaliser, on rêvait d’ETI.

ET - Crédits Spielberg

L’ETI (Entreprise de Taille Intermédiaire, grosso modo les boites de quelques centaines à quelques milliers d’employés), c’est un peu au monde de l’entreprise ce que la classe moyenne (supérieure) est à un écosystème social classique et équilibré : un pouvoir d’achat élevé permettant aux fournisseurs de biens et services, y compris de nouvelles technologies, de prospérer ; une réelle capacité d’investissement autonome renforcée par une vraie « banquabilité » sans besoin de junk-bonds ou autres prêts à risque, une taille critique pour la R&D, l’international, la préparation de l’avenir, tout ceci permettant à l’économie d’avancer sans  être juste de subsistance comme dans les pays en développement ; et une capacité à payer sérieusement des impôts, sans y échapper par le bas comme l’économie sociale et non marchande ou les PME-PMI en mode survie, ou par le haut comme les grands groupes à stratégie fiscale optimisée.

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L’ETI, c’était un concept un peu (trop ?) germanique (lire : « qui ne parle pas trop en marchant mais avance régulièrement et va loin ») : moins sexy que les startups pour les journalistes et les investisseurs français exigeant des rendements rapides, moins chic et choc que le numérique pour les djeuns de Bercy, moins pratique que les grands groupes pour un dialogue social de bon niveau entre notables politiques et économiques français partageant les mêmes conseillers, et moins attractif pour l’investisseur étranger que l’immobilier  réel ou « papier » ou les portefeuilles de brevets des grosses boites. Et puis, un peu « provincial », comme on pense très fort dans les dîners en ville (entre vils ?) métropolitains où l’on se demande (sans oser en parler plus que de la nomination annoncée de Ségolène Royale à la Vice-Présidence de l’institution) si la BPI est, à cet égard, une vraie mauvaise idée qui va réveiller des tentations de féodalisme et financer des rivalités franco-françaises entre PME et autres filiales de groupes français ou étrangers sans impact notable sur le redressement productif, l’emploi et la compétitivité, un mécano un peu virtuel dont les guichets uniques seront pratiques et attractifs pour les demandeurs locaux et internationaux de subventions et autres crédits d’impôts (c’est pareil, mais pour les boites un peu rentables, en principe), ou une évolution intéressante d’Oséo qui aura entre autres les moyens et la mission d’appuyer et accélérer l’émergence et la croissance d’ETI ambitieuses, dynamiques et créatrices d’emploi « réels » dans des secteurs économiquement viables en France. Petitjean est un exemple d’ETI française qui a dû, et su, s’adapter #InRealLife en trouvant une alliance gagnant-gagnant pour s’offrir un avenir et sauver aussi durablement que possible plusieurs centaines de jobs en France (lire aussi pp. 78-79 de l’Entreprise n° 317 de janvier 2013) http://lentreprise.lexpress.fr/investissement/les-saoudiens-d-al-babtain-sauvent-459-emplois-dans-l-aube-chez-petitjean_34101.html

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En même temps, il ne faut pas non plus seulement que rêver : l’ETI réelle et durable sur la planète mondialisée #InRealBusinessLife, même à l’intérieur des lignes Maginot 2.0 à la française, c’est plus le genre « Titan » qu’une gentille ex-startup technologique ayant réussi sa mutation (ou une ex-star du CAC ayant terriblement régressé mais n’ayant pas encore été avalée par un grand groupe plus ou moins étranger, ou démantelée …).

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En même temps, tout le monde, même au pays des vélos made in France dans certaines grosses têtes et du ministère de l’hospitalité verbale pour les entrepreneurs, a vu le film et comprend le message #InRealBusinessLife : « ETI, go home ».

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Mais, ici et maintenant, what else ?

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Byzeway, « Home », pour ETI, quel indicatif (régional ? international ?) de téléphone ?

Renaud Favier – 21 février 2013 – Page facebook Compétitivité – Groupe LinkedIn

PS :  je twitte ça, je twitte rien, mais pendant qu’on fait des plans pour les startups (qui sont indispensables pour le futur, numérique, green, numégreen, bionumégreeen ou whateverworks …) et des shows pour les usines (qui sont le prolongement d’un passé et sont aussi indispensables pour le maintien dans l’emploi des salariés d’aujourd’hui que pour la préservation de compétences et marchés susceptibles de fournir de l’emploi productif demain), et vice-versa, à Bercy, ça ne ne plane plus aussi tranquillement que ça pour les ETI, en France, ces temps-ci (cf Coface par l’Expansion / L’Express : http://lexpansion.lexpress.fr/economie/alerte-rouge-sur-les-eti-une-sur-100-a-fait-faillite-en-2012_372504.html ).

A propos renaudfavier

Ils semblent grands car nous sommes à genoux (LaBoétie) Je hais la réalité, mais c'est le seul endroit où se faire servir un bon steak (Woody) De quoi qu'il s'agisse, je suis contre (Groucho) Faire face (Guynemer)
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Un commentaire pour ETI, vous aviez dit ETI ?

  1. jean dit :

    Cher monsieur Favier,
    La pertinence, la justesse, l’art de poser le doigt là où ça fait mal, l’énergie déployée, la réactivité, les dessins impitoyables ou trop vrais…contrebalancent avec justesse la prose Faviesque souvent un peu « hard »! La richesse d’idées et de formules devrait s’accommoder de la capacité plus modeste de vos lecteurs et fans!!
    What if une news sans twittage surferait en urban speech clear mode pour une gemütlichkeit lecture:-)

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