Encore – 60 milliards en 2013 ! Avant, le commerce extérieur, c’était la Bérézina. Maintenant, c’est Fukushima.

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Après le Tsunami a Fukushima – Crédits : Le Monde / Telerama / DR

Le commerce extérieur, ça ne marchait déjà plus comme « moteur auxiliaire de la croissance à voile de l’investissement et à vapeur de la consommation » quand Nicole Bricq était simple députée avant la mondialisation, internet et la chute du mur de Berlin ; ça menaçait de sentir fort la Berezina quand elle était devenue sénatrice écolo-budgétaire à l’ancienneté et que Christine Lagarde essayait de faire le job pour la compétitivité des entreprises et l’efficacité du dispositif d’appuis, entre conservatismes des institutionnels, exil, délocalisation compétitive et/ou retraite des entrepreneurs, frein-moteur des politiciens de tous bords et absence de vision à peu près partout ; mais ça commence à fukushimer gravement maintenant que l’éphémère ministre de l’écologie a été parachutée au commerce extérieur.

Lagarde - Bricq

Avant – Maintenant

Pourvu qu’on n’attende pas le tricentenaire de la Bérézina pour essayer de sauver ce qui peut l’être de la capacité exportatrice de la France, maintenant que toutes les boites pas disparues ou vendues à l’encan aux prédateurs étrangers ont délocalisé et/ou n’ont plus les moyens de se payer un billet d’avion ou un site internet en anglais sans subvention des régions et/ou métropoles aussi ruinées et moins compétentes que Bercy, et/ou aides de la BPI vice-présidée par Ségolène Royal qui croit qu’acharnement thérapeutique, régionalisation frénétique, et subventions politiques sont les mamelles de l’efficacité économique …

berezina bicentenaire

Avant, on pinaillait sur la concurrence étrangère (allemande frontale et sans états d’âme comme au foot et dans la vraie vie des Tontons Flingueurs, un peu rustique, mais efficace, ou chinoise présumée déloyale mais déferlant comme un tsunami sur les véléités de patriotisme économique et fantasmes de consommation pas trop irresponsable), l’Euro fort (c’est comme des pneus bien gonflés, c’est mieux pour aller vite et loin sur l’autoroute si on sait ou on va, et on consomme moins, mais les touristes en short ClubMed préfèrent les gros pneus sous-gonflés pour gaspiller leur héritage en buggy sur la plage) ou la diplomatie économique à la française (genre bus volant rempli de patrons honorés d’avoir été élus par leur sous-préfet pour un tel honneur ministériel, voire présidentiel, et d’élus espérant être assez honorés aux frais de la princesse et/ou des entrepreneurs accompagnant les politiciens plus ou moins fonctionnaires, avec promenades récréatives entre les discours des chefs gaulois à plumes à l’ambassade, la soirée protocolaire avec lecture réciproque d’éléments de langage sur le nucléaire bio, les services secrets à la personne et le doublement, voire triplement des échanges en 2 ou 3 ans après la fin du mandat, dont tout le monde s’auto-félicite d’avance entre les bonnes poires d’entrepreneurs invitées au dîner officiel de c… et les fromages républicains réservés aux élus, traduits en anglais ou pas). Et on proposait, contre-proposait, tricotait, dé-tricotait, toilettait, dé-toilettait …

Toilettage

Mais c’était avant, quand on pensait que c’était comme pour l’environnement, le classement PISA, l’industrie en France, ou le chômisme, une trajectoire inversable après la dégringolade d’un commerce extérieur plus ou moins à l’équilibre, à une approximation statistique de quelques milliards près, au début du millénaire, à un trou noir fukushimesque d’environ 60/70 milliard de diamètre réglementaire (nb que c’est moins pire que le déficit budgétaire, autre déficit jumeau de la famille Adams des horreurs économiques de maintenant, qui oscille pour sa part entre 70 et 80) depuis que ce siècle à plus ou moins 10 ans.

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Crédits : Maury Golini

Maintenant … à part quelques consultants revendant depuis 40 ans le même rapport à chaque nouvelle génération de fonctionnaires de Bercy (et le même, sous une couverture de couleur différente à chaque renouvellement d’apparatchiks régionaux et/ou réforme administrative territoriale) et ne pouvant que photocopier car ils n’ont pas d’ordinateur pour scanner et changer quelques mots avec un logiciel de reconnaissance de caractères (on en manque souvent, chez ces gens-là, de caractère, à force de baisser la tête), et quelques vieux politiciens chauves à Paris et en régions ayant la main sur les budgets et les réseaux de décision, tout le monde a compris que le social-démocratisme à visage poupin ne changera rien à l’affaire, que l’économie française est en tétanie acceptée, sinon en coma volontaire, depuis le 1er choc pétrolier, et que le socialisme à la française, fut-il Mitterrando-Dumasien à la sauce carrefour du développement, Crédit Lyonnais façon Inspection des Finances du côté gauche du couloir, et frégates de Taiwan à la Berluti, Jospinio-DSKaubryste façon 35 heures payés 45, Aide publique au développement (sic) chez les amis et mécano industriel en bonus, ou Hollando-Montebourgeo-Bricqo-Hamoniste goût soviétique avec cadeau solidaire Pif Gadget et boulet vert à la Duflot, c’est l’euthanasie passive du peu qu’il reste d’entreprise viable et d’emploi réel en France, pas un drôle de mariage (plus ou moins gai) entre les fonctionnaires de l’Elysée et les notables du Medef.

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« Le vai enjeu du commerce extérieur est à l’intérieur », avait écrit un (bon) rédacteur d’éléments de langage pour un speech de Christine Lagarde quand elle était sous-ministre du commerce extérieur, à un bas étage de Bercy où et quand l’on essayait encore de créer le « Baker Mc Kenzie de l’export français », voire l’Equipe de France de l’export, pas juste de cacher les misères en pilotant la succession du patron d’Ubifrance entre la régionalisation et le mécano BPIFranceExport, pas seulement d’enterrer le rapport du groupes de travail sur l’image de la France après avoir massicoté les autres marronniers subventionnés sur la réforme du dispositif d’appui au commerce extérieur, le renfort de la compétitivité des PME pas encore mortes ou exilées, le dopage de l’attractivité de la France pour des étrangers et exilés pouvant créer quelques emplois plus ou moins durables et cotiser aux pôles et autres incubateurs, aider des boites de TP amies à construire des sièges provisoires et les ronds-poins y afférents, pas exclusivement crier « vive la chasse en meute » comme du temps de François Loos en préparant le parachutage des membres du cabinet pour après (voire avant, mieux vaut prévenir que guérir) le remaniement et le limogeage de la vieille sénatrice écolo de très à gauche, pas compétente mais c’est normal aux gauches en économie d’entreprise, pas sympa mais c’est classique chez les écolos, surtout ceux qui croient que l’écologie c’est la vie privée sur internet et le mariage pour tous les autres, plus crédible du tout même chez les stagiaires Ubifrance et les coopérants volontaires en ambassades, même sans le coup du sac à main à l’université d’été du Medef qui avait amusé les spectateurs du Petit Journal de Canal+ (plus difficile à trouver sur Youtube depuis quelques mois, mais les archives du Petit Journal sont bien tenues), et la photo en Bécassine quelque part au Moyen-Orient (que la charité pour Mme Bricq et le respect de la fonction ministérielle interdisent de reproduire ici).

fukushima

Prochain épisode, un peu avant Saint Valentin, pour la « sortie » officielle du chiffre et des éléments de langage socialo-libéro-démocrato-bercyens sur le déficit 2013 et les chocs, assises, séminaires, pactes et autres machins supposés inverser les courbes avant la mort clinique de la compétitivité.

Nicle Bricq

Tout et son contraire a déjà été dit et redit, il va falloir improviser quelque chose de nouveau … ou ne rien dire, c’est peut-être le mieux

Je propose : « L’homme africain politique français n’est pas assez sorti de Bercy entré dans l’Histoire l’entreprise », pour changer dans la continuité, et préparer avec diplomatie la prochaine grande conférence de dialogue social pour l’attractivité responsable, les incontournables Assises de notables sur la compétitivitude internationale des dernières entreprises assez farfelues pour produire des trucs en France et tenter de les exporter, le lancement de ne nouvelle « séquence » de brainstorm sur la « marque France », et le cocktail d’après discours à Bercy avec les journalistes, théoriciens, et autres acteurs institutionnels du commerce extérieur de la France.

France-perd-triple-A--suite-

-60 milliards par an en vitesse de croisière, son commerce extérieur fukushimisé va finir par faire perdre à lui tout seul un « A » à la France chez Standard & Poors …

Liens utiles

Dernières statistiques officielles (INSEE / Bercy / Douanes) : http://lekiosque.finances.gouv.fr/APPCHIFFRE/Portail_default.asp

Site internet du ministère du commerce extérieur (Bercy) : http://www.commerce-exterieur.gouv.fr

France International (Bercy / Ubifrance / CCI) : http://www.france-international.fr

La consultation sur les « maisons de l’international » : http://www.commerce-exterieur.gouv.fr/lancement-dune-consultation-sur-maisons-linternational

La consultation sur l’image de la France et la « Marque France » : http://www.commerce-exterieur.gouv.fr/commerceexterieur/construire-marque-france-remise-rapport-et-lancement-dune-consultation

Les travaux sur le dispositif d’appui aux entreprises françaises à l’international (CIMAP) : http://www.commerce-exterieur.gouv.fr/commerceexterieur/evaluation-des-dispositifs-dappui-a-linternationalisation-leconomie-francaise

Le dernier rapport d’experts commandité par Bercy (Bentejac / Desponts 06/2013) : http://www.commerce-exterieur.gouv.fr/commerceexterieur/rapport-sur-levaluation-des-dispositifs-soutien-a-linternationalisation-des 

Ubifrance (Développement International des PME françaises) : http://www.ubifrance.fr/default.html

BPIFrance Export (BPI / Ubifrance / Coface) : http://www.bpifrance.fr/bpifrance/nos_partenaires/a_l_international/bpifrance_export

Sopexa (Promotion de l’Agro-Alimentaire français) : http://www.sopexa.com

Ile de France International : http://www.iledefrance-international.fr

Frenchonomics : http://frenchonomics.wordpress.com/2014/01/07/frenchonomics-ou-la-deconomie-a-la-francaise/

Renaud Favier – 19 janvier 2014 – Facebook Compétitivité – Groupe LinkedIn – English

Frenchonomics     Compétitivité 2012 couverture

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A propos renaudfavier

Ils semblent grands car nous sommes à genoux (LaBoétie) Je hais la réalité, mais c'est le seul endroit où se faire servir un bon steak (Woody) De quoi qu'il s'agisse, je suis contre (Groucho) Faire face (Guynemer)
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