Le commerce extérieur de la France n’est pas qu’un sous-ministère utilisé comme strapontin

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Crédits : Les Echos / AFP

Donc, Matthias Fekl remplace, au pied levé après 9 jours, l’ex nouveau ministre du commerce extérieur, Thomas Thévenoud, démissionné pour légèreté fiscale. 

Le commerce extérieur, ce n’est pas seulement ce sous-ministère croupion où l’on case généralement le « radical de service » et/ou un « junior » et/ou débutant en politique nationale (ex Lagarde, entrée  dans la cour des grand ministres par la petite porte de ce secrétariat d’état, où elle fut au demeurant un des rares titulaires du poste à ne pas se contenter de faire des discours à la « communauté d’affaire » en marge des pavillons Ubifrance, des visites de sites de CAC40 à l’occasion de missions de PME subventionnées par des pôles de compétitivité ou des chambres de commerce, et des rendez-vous incontournables du microcosme du soutien à l’export comme les jamborees de CCE ou le raout annuel de Classe Export à Planète PME), avec souvent des erreurs de casting consternantes (c’est quand même un peu technique, les sujets OMC, les négos transatlantiques et le big business global) même si les impétrants ne sont généralement pas des handicapés de la feuille d’impôt, et un enjeu de combat permanent entre Bercy et le Quai d’Orsay pour le contrôle des villas « du Conseiller Commercial » et de la tutelle des machins administratifs informant et soutenant les PME et/ou soutenant les offres françaises pour les fameux « grands contrats civils et militaires », c’est aussi un déficits abyssaux reflétant la dégradation continue de la production et de la puissance économique relative de la France, permettant à des services administratifs, think-tanks de tous bords, et (d)économistes plus ou moins officiels de pondre un papier mensuel, une synthèse semestrielle, un rapport annuel, et les éléments de langage y afférents sur les fluctuations des ventes d’Airbus (au demeurant religieusement comptabilisées par la France même si un avion made in Germany contenant des masses de composants de toutes origines n’a grosso modo fait que passer pour un test en vol autour de Toulouse), les variations plus ou moins saisonnières des importations de pétrole et gaz, enfin l’impact des effets de change, le mantra sur la force de l’Euro nuisible à la compétitivité des PME françaises risquant d’ailleurs d’être remplacé sous peu par une analyse circonstanciée des nuisances résultant de la baisse de l’Euro (sous les 1,30 contre dollar début septembre) pour un pays ne produisant plus grand chose, important beaucoup de ce qu’il consomme (biens de consommation courante made in Asia, énergie, intrants industriels pas « made in Germany », électronique, Boeing, tous services internationaux …) de la zone dollar, et dont les concurrents sont de fait principalement européens, au premier rang desquels l’Allemagne, et bénéficient également à l’export de la baisse de l’Euro.

Le chiffre de juillet, 5,5 milliards de déficit, et le « dossier de presse » rituellement e-publié le deuxième mardi de chaque mois par Bercy : http://lekiosque.finances.gouv.fr/APPCHIFFRE/Portail_default.asp

La commentaire du Quai d’Orsay sera disponible dés que les experts de la diplomatie économique et commerciale et touristique auront lu et copié-collé le dossier de presse de Bercy, mais le topo du ministère sur sa diplomatie économique en Ethiopie est un écran d’attente sympathique : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/politique-etrangere-de-la-france/diplomatie-economique-et-commerce/ 

Les fondamentaux : http://frenchonomics.wordpress.com/2014/09/05/fekl-remplace-thevenoud-au-commerce-exterieur/

Avant, l’AFP mettait un stagiaire sur le coup pour copier-coller le dossier de presse du ministère et/ou reprendre les éléments de langage (ternes et consternants, forcément ternes et consternants) du ministre, les journaux économiques se fendaient d’un article en essayant de changer d’adjectif qualificatif à chaque fois pour le titre (abyssal était très couru, bérézinesque toujours envisagé, mais jamais osé), et quelques blogueurs se battaient pour être le premier à sortir un commentaire pas trop routino-moutonnier sur le déficit, mais c’était avant.

Renaud Favier – 9 septembre 2014

 

A propos renaudfavier

Ils semblent grands car nous sommes à genoux (LaBoétie) Je hais la réalité, mais c'est le seul endroit où se faire servir un bon steak (Woody) De quoi qu'il s'agisse, je suis contre (Groucho) Faire face (Guynemer)
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