Blague (ou pas) d’été sur la #compétitivité

Zorba le Grec

Crédit : Zorba le Grec

Nous sommes sur le port d’un petit village de Grèce.

Un pêcheur local vient d’y accoster sa barque, avec quelques poissons.

Un touriste, haut fonctionnaire à Bercy détaché au FMI (appelé le « Bercyen du FMI » pour la suite, ou pas) de son état, aborde le pêcheur : « Belle pêche dites donc ! Il vous a fallu beaucoup de temps ? ».

Le pêcheur le regarde et répond : « Non, pas beaucoup de temps ».

Le Bercyen du FMI (qu’on distingue du fonctionnaire routard français normal en vacances parce qu’il porte un short Banana Republic seulement pendant ses vacances, alors que le Français moyen normal vit en République devenue bananière toute l’année), lui demande alors pourquoi il n’est pas resté plus longtemps en mer pour ramener plus de poissons et le pêcheur lui  répond que c’est assez pour nourrir sa famille. Le Bercyen est étonné : « Mais que faites-vous le reste du temps ? »

Le pêcheur répond : « Je fais la grasse matinée, je pêche un peu, je joue avec mes enfants, je fais la sieste avec ma femme. Le soir, je flâne, je vois mes amis, nous buvons un peu de vin et nous jouons de la guitare. J’ai une vie bien remplie, Monsieur ! ».

Le Bercyen du FMI à lunettes de soleil (que l’on distingue du Bercyen « normal » parce qu’il est moins bronzé au début des vacances que son congénère pas expatrié qui passe deux heures par jour caché sous ses lunettes de soleil dans les guinguettes éphémères du bord de Seine au pied de la BNF, entre fin mai et le début de ses vacances d’été, quand il n’y a rien d’autre à faire que changer les dates des réponses copiées-collées aux questions parlementaires qui sont les mêmes d’année en année) reprend : « Ecoutez, j’ai fait Sup’ de Co’ Jouy en Josas et Sup de P(alé)o(lithique)’ comme le gros binoclard en stage longue durée à l’Elysée et quelques autres brillants exemplaires de la crème de la crème à la française incrustés sur leurs fauteuils en cuir, pantouflant dans les meilleures banques, et/ou détachés dans de confortables fromages républicains avec droit de tirage à volonté sur les frais de taxi et bouffes à 100 balles par tête sans le pot de vin, je peux vous aider. Commencez par pêcher plus longtemps. Avec les bénéfices dégagés, vous acheterez un plus gros bateau. Avec le gain de la pêche, vous en acheterez un deuxième et ainsi de suite jusqu’à ce que vous possédiez une flotte de bateaux de pêche. Au lieu de vendre vos poissons à un intermédiaire, vous négocierez directement avec l’usine, et même vous ouvrirez votre propre conserverie. Vous aurez alors le contrôle de tout le circuit, de la production à la distribution. Vous pourriez alors quitter votre petit village pour Athènes, voire les Bahamas ou le Delaware pour l’optimisation fiscale, d’où vous dirigeriez toutes vos affaires et l’expansion de votre StartUp ».

Le pêcheur demande alors : « Combien de temps cela prendrait-il ? »

«15 à 20 ans» répond le batracien à lunettes d’écailles.

« Et ensuite, Monsieur ? »

« Ensuite, c’est là que ça devient intéressant », répond en souriant le fonctionnaire qui cherche un pantouflage dans une banque d’affaires à Londres parce que revenir à Bercy, et même à Paris, alors que la France est en faillite, que l’école privée pour les gosses est blindée d’étrangers à Paris, et que la moquette est de plus en plus cradingue au ministère, ça craindrait encore pire qu’échouer au Quai d’Orsay pour faire de la pseudo Nouvelle Diplomatie Economique. « Quand le moment sera venu, vous introduirez votre société en bourse. Vous pourrez facilement vous faire des dizaines de millions, dont une bonne partie non imposables si vous immatriculez la boite dans un paradis fiscal et la vendez en bourse à Bruxelles comme tout les exilés fiscaux européens ne parlant pas anglais, Genève si vous aimez le ski, ou Singapour si vous appréciez la cuisine chinoise ! »

« Des millions ? Mais après ? »

« Après ? Et bien vous prenez votre retraite. Vous vous installez dans un petit village de pêcheurs sur une île grecque pas trop sur le chemin des passeurs de clandestins et sans aéroport pour touristes, où vous pourrez faire la grasse matinée, pêcher un peu, jouer avec vos enfants, faire la sieste avec votre femme, flâner dans le village le soir en sirotant du vin et en jouant de la guitare avec vos amis. »

Moralité : si tu écoutes les Bercyens, tu auras la même retraite que les Grecs …

RF – 20/08/15

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A propos renaudfavier

Ils semblent grands car nous sommes à genoux (LaBoétie) Je hais la réalité, mais c'est le seul endroit où se faire servir un bon steak (Woody) De quoi qu'il s'agisse, je suis contre (Groucho) Faire face (Guynemer)
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