Michel Sapin Superstar à Bercy d’un « Show-Dree » en 2016, c’est « Back to Comatta Future » !

Michel Sapin Bercy 16 février 2016 Financements Export c Renaud Favier

Michel Sapin concluant la conférence Financements Export – Bercy 16 février 2016

Les vieux de la vieille du commerce extérieur qui ont connu Branly, les PEE, la Coface, le Telex, Rastapopoulos, Entité, DREE 2000 (ça devait être autour de 1992, du premier temps de Sapin aux Finances, sous Bérégovoy), les DRCE,  le DTS, les 75 points de base sur crédit-acheteur, le report sur le Dollar à terme contre FRF, la Greuh, et l’annuaire Fancexport … qui savent lire une phrase de plus de  140 caractères avec quelques parenthèses imbriquées et une incidente par-ci, par-là (et/ou écrire une note-ministre ou PDG d’une page et demi maxi mais avec des paquets d’annexes) et qui étaient à Bercy ce matin (si, il y en avait encore quelques-uns) pour le « Show DREE » (ça s’appelle autrement, maintenant, mais c’est comme les villes de pays émergents qui changent de nom ou le Quai d’Orsay qui change de ministre, plus ça change, moins ça change, même s’il y a moins de cartes en powerpoint et si la Moldavie semble avoir définitivement retrouvé sa place) ont souri en retrouvant Michel Sapin en « deus ex machina » de la présentation annuelle, presque rituelle, des soutiens financiers à la compétitivité export comme il y a un quart de siècle, d’autant que si le gars est franchement moins glamour que Macron qui avait ouvert le bal en « vedette américaine » décontractée mais très pro, si le contexte économique et financier global et la situation de la compétitivité française en particulier (cf rapport Gallois : « les parts de marché s’effritent, la compétitivité s’effondre ») se sont passablement dégradés depuis le premier passage de Michel Sapin à Bercy, enfin si le dispositif bercyen d’appui aux entreprises à l’export n’est plus que l’ombre de lui-même entre les réductions d’effectifs et de moyens, les transferts de compétences (aux régions sur le papier, au Quai d’Orsay dans l’organigramme gouvernemental -on médit que c’est parce que Ségolène Royal n’a pas eu, et n’aura jamais, le Quai, que le commerce extérieur a été transféré aux AE, sinon il serait resté à Bercy- où le secrétaire d’état en charge du commerce extérieur est d’ailleurs rattaché au Quai d’Orsay, à Ubifrance et Invest-in-France devenus BusinessFrance en instance -comme Coface- d’absorption par BPIFrance, en pratico-pratique) … si tout ça et d’autres trucs qu’on n’a pas le temps, ni la place, d’écrire en une page de débriefing, Michel Sapin a un sens de l’humour de gardien de goulag, un look de vieux brejnevien, et une ponctualité de membre du Politburo moscovite grande époque en goguette en province ou pays satellite -l’idée qu’il pourrait vouloir vous embrasser sur la bouche comme un dignitaire soviétique suffit à pousser à l’exil fiscal en urgence-, mais il tient bien la route (pour info, le gars était chez Bourdin le matin, et en replay Youtube dés sortie du studio, et à l’Assemblée en #QAG face caméras Dailymotion dans l’après-midi, c’est pas un Mickey dont le conseiller en RP attend qu’un stagiaire de LCP rappelle, lui), lit ses éléments de langage sans enthousiasme mais avec l’efficacité du Train blindé de Lénine, et semble disposer de rédacteurs de discours de compétition -les primes de Bercy, ça aide à recruter des bons-, ce qui explique peut-être pourquoi d’autres ministres, et pas des moindres, lisent des papiers écrits par des stagiaires illettrés.

Bref, le Show DREE est mort (et les cendres de la DREE ont été dispersées), mais la « Présentation Annuelle de la Politique de Crédit » fluctuat nec mergitur, et, sur un malentendu, ça pourrait finir par aider des exportateurs, les parts de marché, la croissance, l’emploi, tout ça qui ne va pas pour le mieux en France dans le plus facile des mondes.

Le dossier de Bercy, incluant les powerpoint et le discours de Sapin (ceux de Macron, qui fait au demeurant un bon job, et Fekl, qui avait la veille tenté d’exister en annonçant le lancement d’un x-ième portail de l’export pour étudiants en stage et stagiaires en cours du soir, doivent sûrement être quelque part, mais leurs conseillers en com’ doivent être plus copains avec les blogeurs de l’Obs et les twittos du numéricosme qu’avec le service de presse de Bercy) est en ligne (pour rappel, la conf a été retransmise en direct, on peut dire ce qu’on veut des Bercyens, notamment qu’ils choisissent leurs hashtag Twitter comme s’ils voulaient être certains que personne ne les utilise, genre #BercyFinacementsExport, mais ce sont des pros, pas seulement de la finance publique, et d’ailleurs peut-être plus d’autres choses que les finances publiques, à en croire les déficits …) sur :

http://www.economie.gouv.fr/bercy-financements-export-2016

Bref-bis, bravo @ les gens de Bercy, bon boulot, même si inciter les entrepreneurs à réussir à l’international en France de maintenant, c’est un peu comme encourager les Rasta-Rockets à représenter la Jamaïque aux Jeux Olympiques d’hiver avec des fers aux pieds …

Renaud Favier – 16 février 2016

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