Et si le temps était venu de nommer un(e) ministre du commerce extérieur ?

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Les combats ne sont pas formellement engagés, tout au plus les Etats-Unis montrent-ils un peu les muscles, sinon les dents, dans la guerre froide économique pendant que la Chine et l’Allemagne exportent « as usual », mais il serait souhaitable de se mettre en ordre de bataille AVANT de se retrouver comme en 40.

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Faut-il un généralissime ?

Bref, un ministre du commerce extérieur français serait-il utile, maintenant ?

Evidemment, le siège (généralement un strapontin) de ministre du commerce extérieur sert classiquement plus à caser un(e) surnuméraire, radical(e) de service et/ou représentant(e) d’un courant minoritaire et/ou communautaire de la majorité de gouvernement. L’impétrant(e) est principalement chargée de représenter la France à des réunions ennuyeuses genre commissions mixtes (c’est comme des comices agricoles, mais avec flonflons d’ambassade) ou raouts multilatéraux,  d’accompagner les vrais ministres, voire le premier d’entre eux, ou même le PR, à des mondanités internationales de prestige, ou de jouer les chefs de délégation de luxe en marge de la négociation, voire de la conclusion, d’un grand contrat export, ou de la mission d’un échantillon de forces vives sélectionnées par le Medef, subventionnées par tel ou tel machin territorial, et/ou coachées par tel ou tel truc public ou parapublic pour chercher des clients, valoriser l’image de la France à l’étranger, ou plus prosaïquement exposer sur un salon. Un(e) ministre saurait-il/elle, pourrait-il/elle, faire (faire) plus et mieux ici et maintenant ?

Sans doute, le processus est-il plutôt bien engagé, de mise en ordre de marche pas trop lente ni trop inefficace des institutionnels et assimilés qu’il est convenu d’appeler les joueurs de l’équipe de France de l’export, le « Team France Export » dans la terminologie du moment, certainement le cocktail de guichets uniques et dynamique régionale est-il attrayant, et le pari pascalien pas perdu d’avance de l’émergence et la montée en puissance de nouveaux exportateurs parmi les belles endormies, les PME à potentiel, et les JEI (jeunes entreprises innovantes, c’est comme startup, mais avec une espérance de vie de plus de 18 mois, un business modèle pas trop farfelu, et des dirigeants pas tous en short de babyfoot ayant séché tous les cours de leur école de vente de yaourt ou d’ingénierie des jeux pour vieux ados et autres applis pour enfants) par un coaching solide, des soutiens plus synergiques, et des instruments financiers musclés. Un(e) ministre adhoc ferait-il mieux jouer cette équipe pour la gagne, plus exporter les entreprises produisant de la valeur et de l’emploi en France, vibrer les supporters élus et/ou commentateurs accrédités de la fan zone de l’export ?

Edouard Philippe Team France Export Edhec Lille 23 février 2018

Bien sûr, on se passe d’autant mieux de squatteur/euse des premiers rangs d’avions Air France, que les usual suspects plus ou moins dans les starting-blocks et en haut de la pile de CV au motif de telle ou telle corde à leur arc, ne semblent pas « cocher toutes les cases », comme l’on dit chez les chasseurs et les coupeurs de têtes. Quelqu’un(e) ferait-il/elle l’affaire, et le job ?

Il y a le(s) trop chauve(s) …

Pascal-Lamy

Les trop show …

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Les trop show-bizness …

Parisot Medef

Les trop chauds lapins et affairistes incorrigibles pour être honnêtes …

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Enfin, la compétence (sic) étant européenne, les ressources humaines dispersées en province, à l’étranger, et dans des silos technocratiques étanches, et la dynamique institutionnelle ayant déplacé le centre de gravité de l’arsenal financier de Bercy vers la diplomatie économique du Quai d’Orsay, vraisemblablement est-il souhaitable d’avoir un vrai chef de meute capable de fédérer des acteurs aux intérêts divergents, aux stratégies contradictoires, aux alliances pas tibulaires mais presques … mais y-at’il quelqu’un(e) d’assez kamikaze pour se risquer sur un champs de bataille sacrément hasardeux, sur un terrain politique rendu glissant par le goût du Président pour les grands sujets économiques internationaux, l’intérêt du Premier Ministre pour le sujet, la rivalité entre financiers et diplomates, et comme d’hab’ les jeux persos, compliqués, voire tordus, des « machins » plus ou moins publics concernés ou considérant l’être ?

En très schématique, dans l’ordre « hiérarchique », il y a trois profils :

Les politiques. Par exemple tel ou telle député(e) ou sénateur/trice motivé(e).

Les techniques. Par exemple tel ou telle bon(ne) hussard(e) de la diplomatie éco.

Les jurassiques. Par exemple les candidat(e)s perpétuel(le)s depuis DREE 2000.

A suivre, prochaine étape, sauf remaniement impromptu, la conférence des ambassadeurs, à la fin des vacances d’été, mais les prétendants à des postes en cab’ ont tout intérêt à ne pas perdre de temps pour commencer à se positionner et tractionner dans leurs réseaux « au cas où ».

RF – 9 juin 2018

PS : perso, j’ai passé l’âge de relire des notes « ministre » qui étaient déjà copiées-collées sous feu Béré (avant, on n’avait pas de traitement de texte, il fallait retrouver les dossiers, retaper les textes, c’était compliqué, mais ça n’empêchait ni les ministères, ni le commerce extérieur, de marcher plutôt mieux), de croire assez que les PME ayant survécu jusqu’ici et autres subventionnés de pouponnières à babyfoot vont remplacer feu les fleurons industriels champions du grand export à la grand-papa, et de fantasmer sur les miles AirFrance (notez qu’entre la perspective d’euthanasie de la boutique, les salons business blindés aux distributeurs de spéculos vides, et les billets « gratuits » plus chers qu’un vol Ryanair pour plus loin soi-disant à cause des taxes d’aéroport, les miles ne sont plus trop ce qu’ils étaient) avec coupe-file d’aéroport pour passeport diplo, rencontres torrides en cocktails d’ambassades, réunions tardives stratégosphériques interministérielles et plus si affinités, et autres soirées potaches à Vegas ou jamboree de vieux à Bali ou ailleurs … mais si quelqu’un cherche quelqu’un(e) pour un cab’ entre les fonctionnaires inévitables, le/la communicant(e) indispensable, et le(s) fidèle(s) pour éviter les couteaux dans le dos, j’ai quelques CV (qui, comme chacun(e) sait ou devrait savoir, ne signifie pas un vieux truc en latin, mais « Cojones Veludos ») de gens solides dans un carton de déménagement (et quelques avis sur les planches pourries à envoyer ouvrir le guichet unique de Terre Adélie sans indemnités de résidence ni piscine de fonctions, les Tulius Detritus à laisser commenter des powerpoint à des consultants retraités et vice-versa, et les vrais et faux gentils qui se donnent du mal, en ont, et devraient être promus et expatriés dans les dernières sinécures exotiques inutiles, plutôt que d’encombrer les TGV et les salles de réunions de groupes dits « de travail »).

Certains vieux singes ont une certaine idée de la France et certaines idées pour la compétitivité française

 

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A propos renaudfavier

Ils semblent grands car nous sommes à genoux (LaBoétie) Je hais la réalité, mais c'est le seul endroit où se faire servir un bon steak (Woody) De quoi qu'il s'agisse, je suis contre (Groucho) Faire face (Guynemer)
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Un commentaire pour Et si le temps était venu de nommer un(e) ministre du commerce extérieur ?

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